Aujourd'hui, c'est mon anniversaire
  • Paris, 75012
  • Du 08/12/2022 au 19/03/2023
  • 17h00 et 20h00
    Durée : 1h10
  • Tout public
  • À partir de 21 €
Elizabeth Czerczuk poursuit son travail sur les pas de Tadeusz Kantor avec le spectacle Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.

Découvrir le spectacle

Mise en scène et chorégraphie d'Elizabeth Czerczuk, inspirée de la dernière œuvre de Tadeusz Kantor avec 18 comédiens-danseurs et un quatuor musical.

Dans son analyse du jeu théâtral de Kantor, Elizabeth Czerczuk a défini plusieurs étapes de travail, déterminant ainsi sa propre approche de l’œuvre Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Entre épisodes de vie en temps de guerre et moments d’évasion dansée et onirique, les scènes jouées font émerger un éventail d’émotions, pas seulement chez les spectateurs mais aussi chez les artistes. 

Accompagnée de 20 danseurs et comédiens, d’un quatuor musical (contrebasse, violon, bandonéon, percussions), elle stimule l’ensemble du processus intellectuel et créatif. Ainsi, chacun peut construire son fil de l’intrigue littéraire à partir de ses propres fragments de souvenirs et de ses sentiments. La différence entre Kantor et Czerczuk réside dans les moyens d’expression. Dans l’approche de Kantor, la parole, la scénographie et l’orchestration sont des éléments indépendants. Certes, ils collaborent. Alors que le théâtre de Czerczuk radicalise l’expression, mène à l’incarnation totale de tous les éléments.


Équipe artistique

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À partir de 21 €

Adultes
27 - 64 ans
 
Jeunes
13 - 26 ans
 
Seniors
65 ans et plus
 
Enfants
12 ans et moins
 
janvier 2023

Théâtre Elizabeth Czerczuk

Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
Théâtre Elizabeth Czerczuk
À l’automne 2016, Elizabeth Czerczuk et ses artistes s’installent dans le théâtre de la rue Marsoulan, où naîtra officiellement, l’année suivante, le Théâtre Elizabeth Czerczuk ( T.E.C ). Il se présente comme un lieu original avec un univers unique en son genre : murs peints en noir, mannequins habillés à la mode gothique, tableaux de grands maîtres polonais. Avec sa lumière rougeoyante, son ambiance tamisée, ses bougies crépitantes, le T.E.C est indéniablement un lieu à part. Entièrement rénové et agrandi en 2017, l’espace installe d’emblée le visiteur dans une atmosphère singulière. Celle des créations d’Elizabeth Czerczuk. Avec ses 1 000 mètres carrés, ce nouvel écrin offre la possibilité de développer le rapport avec le spectateur. La salle de représentation, d’une jauge de 205 places, est modulable dans son intégralité et dispose des nouvelles technologies de son et lumière. L’espace scénique est atypique, une partie est inclinée, les comédiens déambulent dessus en toute légèreté. Les spectateurs migrent, ils flânent dans tous les recoins de l’espace exploitable. Un bar, un jardin lumineux et arboré, des salles de danse et de conférence, plusieurs espaces de travail permettent d’envisager l’accueil de différents événements ( lectures, pièces, performances ) ainsi que des compagnies engagées dans des démarches exigeantes et radicales.

Le Théâtre Elizabeth Czerczuk (T.E.C)

20 Rue Marsoulan
75012 Paris

Les avis sur le spectacle

La Terrasse

Après s’être inspirée des univers de Witkiewicz et Gombrowicz, la comédienne et metteure en scène Elizabeth Czerczuk éclaire la dernière œuvre de Tadeusz Kantor, avec une vingtaine de comédiens et danseurs et un quatuor de musiciens. Au croisement de tous les arts, centrée sur la partition des corps, la troupe orchestre une transe expressionniste envoûtante, nourrie de tragique. C’est une sorte d’espace muséal étrange et hétéroclite, c’est aussi un bar chaleureux et accueillant. Tout proche de la place de la Nation, le lieu atypique dès l’entrée interroge le regard, bouscule la perception. Le pas est franchi vers un théâtre où se joue un art total, qui conjugue le jeu, la musique, la danse et les arts plastiques, qui n’a pas le côté sec d’une simple performance tant il engage le spectateur, non pas pour le provoquer mais pour le toucher, dans une communion collective et secrète. Le théâtre d’Elizabeth Czerczuk aime à se fonder sur la sensibilité et la culture polonaises, qui nourrissent son imaginaire. La comédienne et metteure en scène a grandi à Wroclaw en Pologne, où vécurent Henryk Tomaszewski et Jerzy Grotowski, figures de la scène polonaise, avant de peaufiner sa formation au Conservatoire de Cracovie et au Théâtre Cricot2 de Tadeusz Kantor, maître dont les écrits théoriques et les spectacles créèrent un théâtre novateur d’avant-garde, comme l’a montré l’emblématique Classe morte (1975). Après Stanisław Ignacy Witkiewicz en 2020 (Dementia Tremens) et Witold Gombrowicz (Yvona) en 2019, c’est la dernière œuvre de Tadeusz Kantor qui inspire Elizabeth Czerczuk. La troupe d’une vingtaine de danseurs et comédiens accompagnée par un quatuor de musiciens propose une transe savamment rythmée où le corps joue un rôle essentiel et signifiant, où les pulsations et les gestes structurent une partition ponctuée de motifs récurrents. Les situations sont incarnées sans être réalistes : elles préservent le mystère de l’être, à jamais incompréhensible. C’est très beau, très touchant, si on accepte de se laisser porter par cette forme originale où priment l’expérience et l’émotion. Un théâtre viscéral Dès le début s’affirme la dimension tragique de l’existence avec l’abandon d’un nourrisson. La pièce enchaîne des scènes et tableaux expressionnistes où se confrontent deux groupes. Un groupe d’acteurs figure une humanité disparate, fragile, apeurée et pourtant souvent soudée, avec notamment une écolière et un prêtre. Des rires éclatent, des corps se figent, des expressions multiples habitent les visages, lors de processions et incursions. Un groupe de danseurs incarne quant à lui les pulsions guerrières, comme toujours l’Histoire avec sa grande hache se répète sans que les hommes se réfrènent. Des valises-baïonnettes menacent, des chaises se transforment en armes, la mort surgit à tout moment. De somptueux tangos s’emparent des corps marionnettiques, et la musique ici, comme l’acte artistique en soi, contrecarrent la tristesse et font vivre les fantômes. Quelques rares paroles, principalement en polonais, sont dites. La disparition brutale de Tadeusz Kantor le 8 décembre 1990 tandis qu’il travaillait aux répétitions a interrompu l’achèvement du spectacle. Il est heureux qu’Elizabeth Czerczuk et les siens éclairent à nouveau cette œuvre par un théâtre organique, viscéral, imprégné des malheurs du monde et de la nécessité de vivre. Et de créer. Agnès Santi